l’hiver

L’hiver s’est installé sans prévenir il y a quelques semaines. La lumière sourde de la neige qui s’accumule vaut certainement mieux que les journées gris foncé des novembres habituels, mais le changement de saison soudain et hâtif m’a troublée.

L’hiver c’est la saison des bébés emmitouflés, des inquiétudes, de la peur. L’hiver, c’est le stress que mon bébé ait trop chaud, qu’elle respire mal, que je ne l’entende pas, que quelque chose arrive. Encore.

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sous la gadoue, le trottoir, il parait.

Avec la neige qui s’accumule, la ville se redessine, mes trajets se modifient. Le cours de mes pas se heurte aux bancs de neige, je suis forcée d’abandonner les déplacements sur la piste qui longe la rivière pour m’attaquer aux trottoirs mal dégagés et à la soupe grise accumulée au coin des rues. Le rythme lent de certains jours m’invite à me déplacer à pied, même si je me retrouve souvent à rager contre la ville, qui priorise l’entretien des rues et abandonne les piétons à leur sort.

Avant d’avoir des enfants, j’aimais braver le froid, les journées de tempête de neige ou de verglas. Une photo de moi avec des lunettes de ski en pleine ville, prise quelque jours avant la naissance de Paul, me rappelle mon état d’esprit d’alors. Avant de connaitre les roues de poussette qui coincent dans les bourrelets de neige laissés par la gratte, je trouvais plutôt sympathique de jouer à partir à l’aventure dans le quartier enseveli.

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Malou était dans la poussette cet après-midi quand on est sorties pour aller faire des courses. On est allées à la fruiterie dans le quartier voisin plutôt qu’à notre épicerie habituelle. Même si les roues se sont enrayées plusieurs fois, j’étais contente que Malou ne soit pas collée contre moi dans le porte-bébé. J’étais soulagée de pouvoir l’observer de haut, alors que je longeais les magasins près desquels j’étais passée avec Paul, ce jour de janvier. J’étais soulagée de deviner sa respiration endormie alors que j’évitais soigneusement de trop regarder la pharmacie où je suis entrée ce jour-là, la pharmacie où je l’ai allaité une dernière fois, la pharmacie où tout s’est arrêté.

L’hiver, c’est la saison de Paul.
J’y entre sur la pointe des pieds, en glissant un peu.

 

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