sous ton arbre

Le mois de Paul se termine. Malgré tout ce qui rend le temps long ces jours-ci, les semaines ont passé vite. Quatre semaines, c’est tellement court. Chaque année, j’en prends la mesure. Cette année peut-être encore plus que les précédentes. Deux amies ont accouché récemment et me font réaliser à nouveau comme le temps est dense lorsqu’on prend-soin d’un tout petit bébé. Même lorsqu’on ne fait pas grand chose, chaque heure est remplie, les petites tâches s’empilent, le sommeil se fait rare. Le temps passe différemment.

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un samedi

Il y a sept ans à cette date, on était un samedi. Il y a sept ans à cette heure, on était à l’hôpital.

Après une nuit à la maison à essayer de démarrer mon accouchement parce que j’avais perdu mes eaux, puis une journée et une nuit à essayer d’accoucher à la maison de naissance. Et des heures encore, à l’hôpital, à tenter de donner naissance à ce petit qui s’accrochait à moi. A qui je m’accrochais, peut-être, sans le vouloir. Je le voulais tellement, pourtant, ce bébé. Je voulais tellement qu’il naisse, qu’il soit enfin dans nos bras.

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poème de bord de patinoire

Une amie partage
une citation qui se veut inspirante
be the things you loved most about the people who are gone
Je me dis oui, il faut que je fasse vivre les plus belles qualités de celles et ceux qui me manquent
Mon père mettons
Je me dis oui, je veux offrir à mes enfants ce que j’ai reçu
La patience, la bienveillance, l’amour sans compter
le sentiment d’être en sécurité

Je me dis oui, mais en même temps je me dis merde
Je voudrais que ce soit mon père qui apprenne à Aimé à patiner
Je voudrais qu’il lace ses patins serrés comme il le faisait pour moi à son âge
j’y arrive jamais vraiment aussi bien
Je voudrais qu’il me raconte encore comment les enfants à qui il donnait des cours à la patinoire de Nantes étaient poches. Ça le faisait rigoler, lui qui avait appris tout jeune
Aimé apprendra, je ne m’inquiète pas de ça
Mais je voudrais que ce soit mon père qui lui montre à freiner en faisant revoler de la neige
Je suis nantaise et un peu poche en patin moi aussi

une boucle

Tout a été plutôt vite. Un de mes objectifs de l’année 2019 avait été de terminer le projet de livre sans titre sur lequel je travaillais. À la fin de l’année, mon manuscrit avait bien avancé mais n’était pas terminé, j’ai donc passé les premières semaines de 2020 à me concentrer là-dessus. Je voulais faire aboutir ce projet. En mars, j’ai envoyé mon texte, et quelques semaines après, j’ai eu des nouvelles des éditions de la Pleine lune. Je me suis replongée dans le texte pour le préparer à la publication en essayant de ne pas trop imaginer qui que ce soit en train de le lire.

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les problèmes

Inquiétez-vous pas trop en lisant le formulaire, ça a l’air intense quand on écrit tous les problèmes au lieu de parler des pistes de solution, m’a prévenu l’éducatrice spécialisée du CPE que Malou fréquente.

J’ai apprécié son avertissement, surtout après avoir vu plusieurs parents expliquer leur découragement en voyant sur papier la liste de tous les « problèmes » de leur enfant. Je me doutais que ce ne serait pas facile à lire. Mais j’ai répondu à l’éducatrice spécialisée que je comprenais que c’était la première étape pour obtenir du soutien financier et organiser un plan d’action. Je me suis dit que de toute façon, je connaissais ma fille, ses capacités, ses difficultés. Il n’y aurait pas de surprise.

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quinze ans

J’ai cette chanson dans la tête depuis plusieurs jours. Une chanson que mon père nous chantait quand j’étais petite.

Aujourd’hui, il y a quinze ans que mon père, Jacques, est décédé. Ça m’étourdit un peu. J’aurais tellement aimé qu’il soit là pour m’accompagner dans mon rôle de parent. Bien des choses me manquent de la relation que j’ai eue avec lui mais ce qui me fait le plus de peine, c’est qu’il ne soit pas là pour voir grandir mes enfants et me guider dans le rôle si complexe d’élever des enfants. Les élever, pas au sens de les rendre « bien élevé.es », mais plutôt au sens de les faire grandir, d’aider leur esprit à prendre son envol.

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aujourd’hui

Ces derniers jours, les sentiments qui m’habitent par rapport à la maternité sont compliqués. Je me sens épuisée par la demande constante d’avoir deux enfants à la maison en tout temps en essayant en parallèle de continuer à travailler.

J’ai de la chance: je faisais déjà la majeure partie de mon travail à distance. Les chercheuses qui m’embauchent sont compréhensives et ne me mettent pas de pression même quand je n’arrive pas à accomplir les tâches prévues. J’ai de la chance: nous avons une maison spacieuse et une cour où les enfants peuvent jouer. Je me répète constamment que j’ai de la chance et pourtant, ça ne m’aide pas à me sentir mieux, à me sentir à ma place. Au contraire, je juge mes émotions négatives en me disant qu’objectivement, je ne devrais pas trouver ça aussi difficile.

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vivre la mort en confinement

En ces jours de pandémie et de confinement, les conversations téléphoniques et les rencontres impromptues au coin de la rue impliquent systématiquement des « comment ça va? » plein de sous-entendus. Nous vivons des moments étonnants, nous parcourons collectivement des territoires inexplorés. Nous nous reconnaissons dans les difficultés quotidiennes partagées : l’isolement et la solitude, l’incrédulité, l’envahissement de notre espace physique et mental, la difficulté à se concentrer alors qu’on nous demande de télé-travailler comme si nous n’avions pas d’enfant et d’animer notre progéniture comme si nous n’avions pas quatre réunions sur Zoom à l’agenda et un rapport à rédiger. Et les repas, et la vaisselle qui n’en finit pas. Petits problèmes du confinement de classe moyenne.

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