huit ans

Paul, mon bébé,

Aujourd’hui, on a été à ton arbre, pour une septième année. Malgré le froid, la covid et les années qui passent, plusieurs personnes étaient là pour te saluer, pour décorer ton arbre. Les souvenirs déposés au fil des ans s’accumulent. Certains décolorés ou abimés, d’autres qui survivent au temps qui passe mieux qu’on aurait pu l’espérer. D’autres encore sont tombés, ensevelis sous la neige, ou disparus. On en a ajouté quelques uns. Une lettre confectionnée par ta cousine, un petit pendentif, des décorations préparées par ta grand-mère. Il y a tant de gens qui pensent à toi.

J’ai pris moins de photos que certaines années parce que le froid était mordant. Mais j’ai pensé à toi toujours aussi fort.

Ce matin, avant l’ascension à laquelle nous avions convié quelques personnes, je suis sortie toute seule dans la forêt, sous un soleil timide. J’ai imaginé que nous aurions pu faire cette aventure hivernale tous les deux, de bon matin, pour le plaisir. J’ai imaginé ton pas décidé dans la neige folle, les pauses dans le banc de neige, pour manger une barre tendre ou boire une gorgée de café de plus en plus froid. Je t’ai imaginé ralentir un peu dans les montées, avoir besoin d’encouragements.

J’ai manqué de temps pour me rendre au sommet. Je me suis arrêtée avant pour prendre un moment avec toi. J’ai tracé ton prénom dans la neige, comme je l’ai fait si souvent. Après quelques instants, les bourrasques ont commencé à effacer les lettres. J’ai filmé quelques secondes pour tenter d’attraper ce moment éphémère. Ton prénom s’est accroché encore un peu avant de disparaître complètement.

Tu me manques si fort.
Je t’aime mon Paul, toujours autant.



3 réflexions au sujet de « huit ans »

  1. Toujours aussi touchant malgré le temps qui passe. Je n’oublierai jamais votre histoire. Je vous envoie beaucoup de doux pour l’année à venir.

  2. Je ne vous connais pas mais l’histoire de Paul m’accompagne depuis huit ans. Car il y a 8 ans, je donnais aussi naissance à un garçon. Quand on donne la vie, on a soudain très peur que la vie nous la reprenne, et la douleur de perdre un enfant est devenue encore plus tangible dans votre récit. J’ai énormément d’empathie pour vous,et ya pas eu une journée depuis que je n’ai pas eu de la gratitude de pouvoir continuer de serrer mon garçon dans mes bras. Vous êtes un modèle de force et de résilience.

  3. J’ai pensé beaucoup à Paul tout au long de ce mois de janvier. Heureuse de savoir que vos proches sont toujours au rendez-vous pour célébrer le passage de Paul, malgré les années qui passent
    Mes meilleures pensées pour toi et ta famille pour cette huitième année.

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