la rentrée

Promenade de soirée dans notre nouveau quartier. Malou est dans le porte-bébé, les paupières lourdes. On longe la vitrine d’un magasin qui s’annonce comme la « Zone de la rentrée ». Je sais qu’elle arrive, cette rentrée. Au mois de mai, déjà, Aimé nous a fait des compte-rendus enthousiastes des journées de préparation à la maternelle auxquelles ont assisté son cousin et un autre copain de son groupe de garderie. Il a déjà hâte que ce soit son tour. L’année prochaine. Quand il aura cinq ans.

Ce sera notre tour aussi. On achètera des crayons, on collera des étiquettes, on accompagnera notre petit pour sa première journée avec son sac à dos trop plein et sa boite à lunch. On prendra trop de photos pour documenter la journée. On vivra, j’imagine, les émotions qui accompagnent les grandes étapes qui commencent.

Cette année, nous ne préparons rien de particulier. Pas de crayons, ni d’étiquettes. Pas de lunchs ni de sac à dos. La rentrée approche mais Paul ne découvrira pas sa classe de maternelle après qu’on l’ait serré dans nos bras un peu trop fort.

Vas-y mon amour, va rejoindre tes ami.e.s!
Attends! Regarde moi! Une dernière photo!

Il n’y aura pas de photo de lui. Pas de souvenir de cette première rentrée.
Qu’un enfant en moins dans une classe du quartier. Qu’un moment imaginé.

Quelques coins de rue plus loin, Malou s’endort. Je rentre à la maison, perdue dans mes rêveries.

 

2014-09-19_corazon

la rentrée

Je croyais que j’allais accoucher en avance. Ou je me faisais croire ça pour passer à travers les interminables dernières semaines de grossesse.

Je croyais que mon bébé aurait quatre mois au début septembre. Ou je me faisais croire ça pour me sentir mieux par rapport à mon choix de le laisser avec son papa pendant que je reprendrais des études à temps plein.

Je crois que je n’ai pas vraiment la personnalité pour être une maman à la maison. J’aime trop voir des adultes, discuter, réfléchir, organiser. Je trouve difficile de faire la même chose jour après jour, de suivre une routine bien établie. Je continue de croire ça comme une vérité générale. Mais ce n’est pas la vérité qui m’habite en ce moment. En ce moment, j’ai de la misère à m’endormir le soir parce que j’angoisse à l’idée de passer trois ou quatre heures d’affilée loin d’Aimé. En ce moment, je trouve que c’est tout petit, trois mois et demi, pour être loin de sa maman, même pour quelques heures.

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