matin d’Islande

J’ai eu le bonheur de faire un voyage en Islande au début octobre. Neuf jours avec quatre amies de longue date pour un petit périple à bord d’un petit campeur dans ce pays qu’aucune d’entre nous ne connaissait. La coupure avec le quotidien, les moments de calme, les fous-rires et les longues discussions m’ont fait autant de bien que la beauté des paysages islandais et la joie de découvrir des espaces inconnus (pour moi).

Je suis partie un peu tendue pour différentes raisons — professionnelles, surtout — mais j’ai réussi à résoudre une part des dilemmes qui m’habitaient au cours des premiers jours du voyage et j’ai senti que je retrouvais l’espace mental qui me manque trop souvent au quotidien. De l’espace pour Paul, notamment.

J’avais apporté un peu de cendres, avec l’idée de les laisser à un endroit qui me semblerait significatif, qui me parlerait. Au fil des années, nous avons dispersé des cendres dans l’océan en Colombie et en Bretagne, dans le fleuve Saint-Laurent et dans le Mississippi, près de la Nouvelle-Orléans. Dans les vagues ou dans le courant…

Au deuxième jour de notre voyage, en découvrant les eaux magnifiques de cette rivière boudée par le touristes (il faut dire qu’elle était un peu difficile à trouver), j’ai regretté de ne pas avoir apporté les cendres. La journée était grise mais l’air humide faisait ressortir les couleurs des feuilles contre le noir des rochers et la couleur de l’eau était exceptionnelle (les photos de iPhone ne leur rendent pas justice).

Paul y aurait trouvé sa place je crois.

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Finalement, le moment de laisser les cendres de Paul s’est imposé quelques jours plus tard, alors que nous découvrions Vik sous un ciel dégagé pour la première fois depuis notre arrivée en Islande. C’était peut-être le village magnifique, les plantes qui me rappelaient les illustrations faites par ma cousine dans le petit cahier fabriqué en souvenir de Paul, le cimetière surplombant la baie ou la promesse de falaises et d’une plage de sable et de galets noirs.

Je ne sais pas, mais c’est là, dans les vagues du bout de la plage, que j’ai laissé partir dans les bourrasques une petite trace de Paul.

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