trop de fatigue

Je suis fatiguée.

Je me couche suffisamment tôt pour me réveiller de bonne heure le matin, mais une heure plus tard, je me recoucherais. Quand je travaille de la maison et que je décide de fermer les yeux quelques minutes, il n’est pas rare que ce moment de repos se transforme en une sieste impromptue de plus d’une heure.

Tout m’épuise. M’essouffle.
Les tâches les plus banales, qu’elles soient ménagères ou professionnelles.
Envoyer des courriels. Faire des appels.
Répondre au téléphone.
M’occuper d’Aimé.
Être enceinte.
Avoir des émotions (souvent incompréhensibles pour moi comme pour les autres).

Écrire me ferait du bien, m’aiderait à ordonner un peu le chaos mental qui m’habite et qui s’agite au ralenti. Mais je manque d’énergie pour mettre mes idées sur papier ou à l’écran. Ma mémoire me fait défaut: par moment, un texte prend forme dans mon esprit mais au moment de m’assoir pour écrire, il ne reste que des lambeaux d’idées.

La semaine dernière, ne pouvant plus ignorer cette fatigue handicapante, j’ai rencontré les chercheuses pour qui je travaille pour diminuer le nombre d’heures à faire dans les deux contrats qui m’occupent ce printemps. Elles ont été compréhensives et bienveillantes, je suis sortie des deux rencontres avec une charge de travail plus raisonnable pour les prochaines semaines. Je pense pouvoir arriver au début de mon congé à peu près sereinement. Je me sens un peu moins débordée. Surtout, je me sens moins coupable de ne pas réussir à accomplir les tâches prévues initialement.

Je suis moins débordée mais la fatigue reste.
Tout me gruge.

J’ai l’impression qu’à ce moment-ci de ma vie, comme parent, je devrais être en mesure de prendre soin de ma famille et de moi-même — que je devrais trouver de l’énergie dans ces accomplissements. Que ça devrait suffire à me nourrir.

Cette attente que j’ai envers moi-même est peut-être irréaliste. Elle est certainement loin de ce que je vis en ce moment. Ces derniers temps, j’aurais plutôt besoin qu’on prenne soin de moi, qu’on me prenne en charge, qu’on m’accompagne. Ça fait un très long moment que je n’avais pas senti aussi amèrement l’absence de mes parents, de ma mère. À vrai dire, je ne sais pas si je me suis déjà sentie comme ça, point.

Je suis retombée cette semaine sur des images que j’avais déjà partagées ici. Des femmes en train d’accoucher ou venant d’accueillir un bébé en compagnie de leur propre mère. Ça m’a remis en pleine face ce besoin que j’arrive difficilement à (m’)avouer, ce besoin d’être enveloppée, d’être portée, de panser cette solitude qui m’habite parfois, même si je suis si bien entourée.

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