1953-2005-2014-2014

Mettre des mots sur la peine et sur la douleur qui m’habitent me semble une mission presque impossible. Par moments, quand je suis entourée de mes amies, de mon amoureux, des gens avec qui je suis le plus à l’aise, je réussis à me sentir à peu près bien. Pas le genre de bien-être qu’on atteint quand, le temps d’un instant particulier, on se dit qu’on est en train de vivre un moment mémorable, exceptionnel. Plutôt, j’arrive à atteindre la joie tranquille qui me vient assez naturellement quand je ne réfléchis pas trop. Elle est entrecoupée de pointes de tristesse mais je réussis à passer des bons moments en bonne compagnie.

Dans d’autres contextes, par contre, je me retrouve tout aussi facilement étourdie par l’immensité du vide devant moi, en moi. Je prends conscience de la profonde anormalité de la situation dans laquelle je suis plongée.
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le grand vide

J’ai le cœur brisé et la gorge en boule. Je m’ennuie des super pouvoirs dont j’ai profité quelques brèves semaines. Je m’ennuie de me réveiller dès les premiers sons de Paul, de l’allaiter dans la nuit, fatiguée mais tellement heureuse. Je m’ennuie de pouvoir lui offrir tout ce dont il avait besoin, en lui offrant simplement le sein. Ces jours-ci, quand j’entends un bébé pleurer, je me sens complètement chamboulée. Je ne peux plus répondre aux besoins de mon bébé, et me sentir heureuse d’avoir pu l’apaiser. Je reste là, impuissante, à sentir les larmes monter et s’échapper de moi contre mon gré…

La vie pue parfois. Elle nous arrache des bouts du cœur, elle nous déchire l’intérieur. Depuis plus de deux mois, je vis les semaines les plus difficiles de ma vie.
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