Misogynie 2.0 : harcèlement et violence en ligne

Solidarité. Avec toutes ces femmes qui prennent le risque d’écrire, de prendre la parole, de nommer ces réalités que beaucoup préfèrent ignorer. Avec ces femmes qui luttent.

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« Suivant la logique de la misogynie en ligne, le droit d’une femme à la liberté d’expression est beaucoup moins important que le privilège que s’accorde un homme de la punir pour s’être exprimée librement. » Laurie Penny, Cybersexism

Illustration : Catherine Lefrançois Illustration : Catherine Lefrançois

Par un collectif d’auteures

Nous sommes féministes. Nous partageons nos idées sur le web. Et nous sommes unies par l’expérience de la misogynie latente qui ronge Internet, les médias sociaux, notre vie publique, notre vie privée.

Lorsque nous prenons la parole sur le web, surtout pour dénoncer la violence sous toutes ses formes que subissent les femmes, le retour de bâton s’associe à une pluie d’insultes et de menaces : « Conne », « J’vais te venir dessus », « Féminazie », « Ostie, j’te fourrerais avec ta p’tite jupe», « Sale chienne », « Grosse truie », « Je te cockslaperais jusqu’à ce que tu fermes…

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Podcast suggestions from my binge-listening session of yesterday of the beautiful Strangers, hosted by Lea Thau.

Life, Interrupted — a story that reminded me how random the course of our lives can be (and unfortunately, how the awful randomness is sometimes compounded by socioeconomic factors and lack of an adequate social safety net).

The Long Shadow — the intertwined stories of young men who were shot at the Empire State Building. The life and self of one of them changed forever, the life of another stolen from him, and what his mom makes of it.

If you keep on thinking ‘Be careful, be careful. Don’t do this, don’t do that’, you fence yourself in and then you don’t live a life.

avertissements

Je ne veux pas justifier ce que j’écris, ce que j’ai besoin d’écrire. Je ne veux pas justifier ce que je choisis de partager publiquement. Pourtant, chaque fois que j’ajoute un texte à ce blogue, qui se veut une collection de mes réflexions et de mes émotions, je me demande si je devrais intégrer un avertissement : « Je suis triste mais ça va aller, ne vous inquiétez pas. » ou « Ne vous sentez pas obligé-e de lire ce texte. » ou « Désolée, je répète encore à peu près la même chose que la semaine dernière, et qu’il y a six mois. »

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échanges

L’année dernière, dans les dernières semaines de ma grossesse, j’ai eu envie de décorer la maison pour noël pour la première fois depuis des années. Ce n’est pas que je n’aime pas noël — j’aime préparer des repas en famille, bruncher avec mes amies et échanger des cadeaux, marcher dans la neige. Simplement, l’envie de décorer ne m’avait jamais submergée et je ne voyais pas de raison particulière de faire un effort à cet égard. Et puis, le mois de décembre 2013 est arrivé. La chambre du bébé était prête et il ne me restait rien à préparer quand j’ai enfin eu fini de travailler. J’ai décoré un peu le salon, sans trop comprendre cette soudaine envie.

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tes pieds

Tes pieds me manquent
Tes pieds si doux, leurs orteils avec des ongles minuscules
Ton pied gauche un petit peu de travers
ton petit pied croche
parfait
émouvant

Je sens encore sur mes cuisses
la pression de tes pieds
dans un effort pour te redresser
Tes pieds alternant leur effort
un peu comme un chat qui pétrit la chair du bout de ses pattes
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l’eau et les couleurs

Lundi.

Je n’ai pas envie de reprendre le travail. Les deux jours d’arrêt ont passé trop vite, j’ai eu trop peu de temps pour Paul. La fin de semaine a déboulé, m’a chamboulée. J’ai été distraite par du beau et du déchirant. Et puis, évidemment, il n’y a pas eu de cris affamés ni de pleurs fatigués pour me rappeler à l’ordre.

Être la maman d’un bébé qui n’est plus là, c’est aussi ça… Mon emploi du temps m’appartient. Pas de tétées ni de couches ni quoi que ce soit que font les bébés de presque huit mois mais que je ne connais pas. J’ai le loisir de me consacrer au rôle de mère de mon enfant selon l’horaire qui me convient. Lire la suite

10 Things About Me – Grief Aside

Edited as i woke up and realize my list was missing something important…

Un billet peut-être moins pertinent pour les personnes qui me connaissent dans la vraie vie…

Since yesterday, I have read a few responses to an invitation made on the Still Standing magazine website to share 10 Things About You – Grief Aside. I feel like I wouldn’t usually respond to that sort of assignment but i have enjoyed reading the lists from people whose blogs i have been following and so i want to share as well.

here i go…

1- Where were you born and where do you live?
I was born in Nantes, France, to a French mother and a Quebecois father. We moved when i was 3 and I have spent most of my life in Québec city.

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un peu de temps

IMG_7363_Fotorje suis tombée en congé
comme tombée de ma chaise

sans travail pour rythmer mes journées
sans contrainte. sans but
sans enfant, plus que jamais
sans Paul

j’ai passé deux jours avec son cousin
bébé chronophage, comme les autres

j’ai occupé mon temps à
regarder son sourire
tenter d’imaginer celui de Paul
le voir marcher à quatre pattes
me demander si Paul pourrait déjà le suivre
me sauver un peu aussi

Paul ne régit plus mon temps

bien malgré moi
je peux choisir
quand m’en occuper
quand materner son souvenir
quand faire autre chose
pour un temps

les nuits

Je sens le museau mouillé de Lula me pousser doucement sur la main. Je me réveille à moitié. Je lui dis de retourner dans son panier. Il pleut fort. Je n’entends pas d’orage mais apparemment, Lula capte des bruits de tonnerre au loin, qui me sont imperceptibles. Elle s’agite, se couche, se relève. Tourne et se retourne. Le cliquetis de ses griffes sur le plancher m’empêche de me rendormir. Je me lève pour aller chercher le vieux peignoir dont on se sert pour l’essuyer quand elle est mouillée. J’en recouvre Lula, lui fabricant une petite tanière. Elle s’apaise enfin.

Je retourne me coucher le cœur chaviré. Le temps d’un instant, j’ai senti la satisfaction d’avoir répondu à un besoin pressant, d’avoir accompli un devoir, d’avoir pris soin. Puis, dans ce demi sommeil, je réalise à quel point j’aurais voulu avoir à me réveiller pour mon bébé. Les nuits lourdes et ininterrompues ne sont plus gage de repos mais de désolation. Lire la suite

guilt

J’écris en ce texte en anglais parce qu’il présente des réflexions que j’ai eues à la lecture de textes et de blogues en anglais…

 

IMG_6816Since Paul died, I’ve searched the internet looking for online resources and spaces that did not involve angels. In the weeks following his death, I travelled to Columbia, taking refuge at a friend’s house, far away from all the spaces that reminded me of Paul. I had had a strong urge to leave home, to be away from the river banks where I had taken my last walk with Paul, away from the store we were in when his heart stopped, away from the birthing centre, the hospital. Away, away, away. Lire la suite