[…] peut-on espérer que celui ou celle qui a perdu un enfant puisse desserrer quelque peu le nœud qui lie la souffrance et la fidélité à la mémoire? Il semble tout d’abord que ne plus être accablé serait comme renier l’attachement à celui ou celle qui s’en est allé. Il faut que tout à chaque instant nous rappelle l’absence. Rien ne doit être modifié de la vie de l’enfant perdu. La vie doit s’arrêter.
François Roustang, « Deuil impossible », dans Jamais de la vie : écrits et images sur les pertes et les deuils. 2001, p.17-18.
my tentative translation:
[…] can we hope that someone who has lost a child may loosen the knot tying suffering and loyalty to memory? At first, it seems that not being afflicted would be like disavowing our attachment to the lost one. All moments need to be reminders of their absence. Nothing can be modified from our lost child’s life. Life must stop.
Récemment, j’ai lu 
Au milieu d’une conversation banale, j’aperçois deux photos collées sur notre frigo. En une seconde, je me transporte aux moments où ces photos ont été prises. Quand j’étais simplement émerveillée par ce petit être qui se joignait à nos vies, quand les photos n’avaient encore rien du trésor immense mais insatisfaisant qu’elles sont devenues. Je passe et repasse ces moments dans ma tête.