Je me souviens d’un cours de sociologie du genre pendant mon bacc. Pour introduire la section du cours sur la famille, la prof nous avait demandé de nous lever si nous avions une « famille normale ». Sans trop me poser de question, en pensant à la fois à la famille nucléaire dans laquelle j’ai grandi et à ma famille élargie, à nos partys de Noël, à l’amour partagé, aux non-dits parfois lourds — à ce qui me semble faire une famille — je m’étais levée. La prof, qui me connaissait déjà un peu, m’avait regardé d’un drôle d’air et avait fait un commentaire sur ma vision élastique de la notion de « famille normale ». Et en effet, dans la classe, seul-e-s quelques personnes s’étaient timidement levées.
Elle avait raison. Des parents de deux pays différents, pas mariés, et puis décédés, tous les deux, c’est pas une « famille normale ». Ça dévie de la norme. Fermement. Pourtant, dans ma vie, c’était, et c’est, ce qui est « normal ».

Since Paul died, I’ve searched the internet looking for online resources and spaces that did not involve angels. In the weeks following his death, I travelled to Columbia, taking refuge at a friend’s house, far away from all the spaces that reminded me of Paul. I had had a strong urge to leave home, to be away from the river banks where I had taken my last walk with Paul, away from the store we were in when his heart stopped, away from the birthing centre, the hospital. Away, away, away.