Noël 2013. Je suis enceinte jusqu’aux oreilles. Physiquement, je me sens lourde et épuisée. J’ai l’impression que mon corps n’en peut plus de cette grossesse. Je prends une bière sans alcool pour faire semblant de faire la fête avec les autres mais elle n’a pour effet que de me faire enfler les pieds et les chevilles, qui ne forment maintenant qu’une structure unique et rotonde. J’en ai marre d’être enceinte. J’essaie de ne pas me laisser aller à jalouser ma cousine qui doit accoucher deux semaines après moi et qui semble en pleine forme.
Malgré l’inconfort, je me sens heureuse, pleine d’espoir. J’ai l’impression que l’année 2013, qui avait plutôt mal commencé, cèdera sa place à une année glorieuse. Un an plus tôt, mon temps des fêtes avait été marqué par une fausse-couche. Loin de chez moi, et loin de mon amoureux, j’avais dû faire face à la fin abrupte de cette grossesse que j’entamais tout juste. J’avais ensuite passé les premiers mois de 2013 à tenter de faire taire ma peur tout à fait irrationnelle de ne pas pouvoir retomber enceinte. Puis, la grossesse tant désirée s’était révélée beaucoup plus pénible que je ne l’avais escompté. Mais là, fin décembre 2013, il me semblait que ces obstacles — somme toute mineurs, j’en conviens — ouvraient la porte à un avenir qui serait forcément heureux.
