Avec mon retour a l’école depuis la une dizaine de jours, et ce que ça implique comme travail de conciliation pour passer du temps avec Aimé et prendre soin de lui, je sens à quel point le temps va être une denrée rare pour moi cet automne. Je manque de temps, déjà. Je n’ai pas fini de me préparer pour mon cours de demain. Pourtant, il me semble impossible de ne pas écrire, de ne pas laisser une marque, une petite pierre sur cette case du calendrier.
Il y a quinze ans tout juste, la nuit tombait une dernière fois pour Christine, ma maman. Au matin du 10 septembre, elle s’est éteinte. Au matin du 10 septembre, avec les premiers rayons du soleil, je me suis fait réveiller doucement. C’était fini. Après les mois de maladie, d’incompréhension, d’évitement qui venaient de s’écouler, il n’y avait plus d’espoir. Mon oncle est venu nous chercher, mon frère et moi, et ma cousine qui avait passé la nuit avec nous, pour aller rejoindre mon père. Et pour aller la voir. Elle. Ma maman qui n’était plus.