Six mois maintenant depuis la mort de ma mère, six mois, et mon deuil ne se passe pas comme dans les livres. Maintenant, on doit le faire, à l’exemple des tâches quotidiennes, c’est-à-dire ranger bien vite sa peine dans un placard. […]
Autrefois, on portait le deuil. Porter le deuil comme on supporte une charge lourde sur les épaules, un poids qui nous fait ployer. »
– Louise Dupré, L’Album multicolore, p.66-67
Je me souviens, enfant, avoir trouvé cruelle l’idée de porter le deuil. Ça me semblait étrange de forcer les gens en deuil à s’afficher publiquement. À la mort de ma mère, je me rappelle avoir été contente de pouvoir passer inaperçue, d’avoir la possibilité de vivre publiquement comme si de rien était, de ne pas avoir à faire face aux conversations que je voulais à tout prix éviter. Lire la suite